Pas facile de trouver des vols à prix abordables pour rentrer en France début juillet et ce à 3 semaines de partir... Les seuls vols sur lesquels il restait des places à des prix raisonnables -je dis bien 'raisonnables', c'est à dire 'chers' mais pas complètement aberrants- étaient sur la compagnie China Southern soit disant en partenariat avec Air France. Un peu naivement, je me suis dit que China Southern devait juste essayer de se faire une place sur le marché international et c'est pour ça qu'ils proposaient des prix un peu plus bas que les autres compagnies mais sûrement avec des prestations équivalentes. Je me suis dit que je pouvais essayer...

 

Vol aller : Brisbane - Gangzhou (Canton) - Paris - Lyon

Départ en retard

Mon itinéraire de vol donnait un décollage à 9h30, je suis donc arrivée à l'aéroport vers 6h45 pour un enregistrement vers 7h. Premier problème à l'enregistrement -qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps- : impossible pour l'hôtesse de me donner ma carte d'embarquement pour le dernier vol Paris-Lyon malgré le court délai de transfert entre les 2 vols. Rien à faire, impossible d'imprimer cette foutue carte !

Je passe l'immigration et j'arrive côté salle d'embarquement vers 8h... et là vol affiché pour 10h30 au lieu de 9h30. Il y a seulement quelques personnes qui semblent attendre comme moi. Etrange ! Vers 10h00, arrive tout un flot de gens qui eux semblaient avoir le bon horaire de vol mais qui malheureusement après mise à jour de l'affichage ont découvert comme moi que le décollage n'aurait pas lieu avant 11h30. Et voilà, déjà 2 heures de retard dans les dents et je suis toujours à Brisbane.

Un avion sans écran

On embarque enfin, je m'assois à ma place. Je regarde fixement l'appui-tête du siège devant moi et je me dis 'il y a quelque chose qui cloche, il y a quelque chose qui cloche' sans pouvoir dire quoi... Je finis par réaliser qu'au lieu d'avoir un joli petit écran pour les films, j'ai une espèce de housse avec une pub en chinois !!! Même sur Sri Lankan Airlines il y a des écrans individuels ! J'ai envie d'hurler : 'MAIS OU EST MON ECRAN ????'

Je me dis que c'est pas grave que si je suis vraiment désespérée je regarderai le petit écran commun (car oui il n'y en a qu'un qui a la taille d'un téléviseur de 35cm...). C'était sans compter que China Southern aime à passer une sélection très originale de films : un film en coréen sous-titré en chinois, un film en russe sous-titré en chinois, un film danois certes sous-titré en anglais mais quand l'écran de 30cm est situé au niveau de la rangée 35 et que je suis assise à la rangée 57, c'est simplement impossible à lire... et puis c'est tout !! 3 films incompréhensibles en 9 heures de voyage...

Nourriture et hôtesse

Il y a eu un temps où je n'aimais aucun plateau repas sur aucun des avions mais ces dernières années je me suis mise à manger ce qu'on me proposait et globalement c'est pas trop mal. Sur China Southern, c'est nouilles chinoises au poulet et c'est pas bon du tout ! Ceci dit je ne suis peut-être pas une référence...

Niveau personnel de bord commençons par le côté positif : synchronisation parfaite des hôtesses pour la démonstration de sécurité : 6 hôtesses en ligne qui font exactement les mêmes mouvements au même moment, très très impressionnant, précision à la chinoise, malheureusement ça s'arrête là... Aucune ne parle anglais, même pas les mots basiques genre 'water'. Du coup, ils sont obligés de passer à 90% du temps des messages pré-enregistrés en anglais et quand de temps en temps il y a des turbulences et qu'il y a une des hôtesses qui est obligée de s'emparer du micro, on entend un truc du genre : 'Ladies and yentleman, tyong tohqyent tonc, siiit belt, ytyong tahng tang sign'. Sans plaisanter !

Les hôtesses font la gueule, pas un sourire, et on te balance le plateau à la tête ou on te l'arrache des mains à la fin du repas...

Aéroport de Gangzhou

A l'aller je n'ai eu qu'une expérience limitée de 6 heures à l'aéroport de Gangzhou finalement très courte comparée à l'expérience au retour, que je détaillerai plus loin. L'avion se pose en plein de milieu de la piste, il pleut des cordes et il fait 35°, et il faut courir en bas de la passerelle pour prendre un bus (et il n'y en a qu'un qui fait des rotations, donc faut attendre qu'il revienne) puis arrivée à l'immigration et là c'est un peu la panique parce que personne ne parle anglais. Beaucoup de touristes se font retoquer avec des papiers qui ne sont apparemment pas les bons et se font envoyer vers un autre bureau. Moi je passe par miracle, heureusement parce que j'ai besoin de m'allonger les nouilles du repas n'étant pas bien passées... J'attends quelques heures et finalement le processus d'embarquement sur le vol Gangzhou - Paris commence avec 2 heures de retard. Mais c'était sans compter sur un problème -que l'on mettra sur le compte de l'informatique- où la plupart des sièges ont été attribués 2 fois à 2 personnes différentes ! Les premières personnes embarquent, puis tout tourne au chaos ! Et il y a en plus beaucoup de français sur ce vol qui commencent tous à faire un scandale au guichet : Ah oui les français, je me souviens ce qui nous caractérise tout d'un coup :)! 30 minutes plus tard, je n'ai toujours pas bougé dans la queue. Finalement j'en ai marre, je passe devant la française hystérique qui refuse de monter dans l'avion tant que l'on n'aura pas réussi à asseoir les 5 membres de sa famille côte à côte -quand un avion a déjà 2h30 de retard, il y a un moment où il faut juste monter à bord et arrêter de se plaindre !-. Il y a déjà quelqu'un assis à ma place, donc le personnel me donne un autre numéro de siège : en business class ! Enfin une bonne surprise !

Je m'installe, et 1h30 plus tard on n'a toujours pas décollé et les hôtesses essaient tant bien que mal de faire asseoir tout le monde. Annonce au micro : 'prière de rester assis car les hôtesses vont réaliser un comptage du nombre de passagers'. C'est bien beau de bouger tout le monde, mais du coup plus personne ne sait combien il y a des personnes à bord ni si tout le monde est bien là !

Gangzhou - Paris puis Paris - Lyon

Enfin on décolle et on arrive à Paris avec 1h30 de retard. J'ai dormi la plupart du vol, je ne me souviens que du plateau repas qui est effectivement un peu plus sympa en business class quoi qu'il est loin le temps des couverts en argent, c'est plastique pour tout le monde maintenant !

J'avais donc une connexion très courte à Paris et là il ne me reste que 20 minutes pour débarquer, passer par le comptoir de transfert pour enfin faire imprimer ma carte, changer de terminal en prenant le CDGVAL et 500 escalators vers le haut, vers le bas plus loin passer par l'immigration et le contrôle de sécurité, le tout pour arriver à la porte avant qu'elle ne ferme ! Course infernale dans les couloirs, je demande à la fille du comptoir pour savoir si c'est même jouable ou pas du tout et elle me dit 'Aïe aïe aïe, c'est très juste là, bahh ça vaut peut-être la peine de courir...' Hum... Donc je cours et j'arrive effectivement à être la dernière à sauter dans l'avion, complètement en sueur ! Et là je regarde dehors et je vois les mecs des bagages qui ferment les soutes et je me dis que je n'aurai pas mon sac à l'arrivée.

Et effectivement, pas de sac à l'arrivée à Lyon. Je suis appelée au comptoir d'Air France où on me dit que mon sac est bien arrivée à Paris mais qu'il ne me sera délivré que le lendemain. 

Conclusion

Voyage aller quelque peu épique mais en comparaison du voyage de retour c'était de la gnognotte !

 

Vol retour : On se fait la même dans l'autre sens - et là ça prend une semaine !

Après cet aller quelque peu mouvementé, je me dis que ça vaut peut-être le coup de vérifier l'itinéraire de retour. Et là je découvre qu'en fait je ne fais pas :

Départ Lyon à 21h, arrivée à Paris à 22h en enchaînant sur un départ Gangzhou à minuit, mais départ Gangzhou à MIDI le lendemain !!!! Super ! Donc après avoir regardé si je pouvais décaler les vols, ça revient moins cher de prendre une nuit à l'aéroport. Donc hotel Ibis : 770 chambres, ambiance étrange de gens seuls qui errent dans les couloirs avec leur vie dans des boites à roulettes, le tout en attendant le vol suivant, sorte d'entre-deux ou de non-lieu ! Belle vue sur les pistes par contre :)!

Départ de Charles De Gaulle

Je n'étais encore jamais passée par Paris pour l'Australie mais alors quel bo*del ! Il faut reconnaître que c'est en pleine période de départ en vacances donc il y a beaucoup beaucoup de monde ! Air France a mis en place un nouveau système : le 'démerdez-vous avec vos bagages et imprimez vos propres étiquettes et cartes d'embarquement aux 2 bornes disponibles pour tout l'aéroport'. Ca marche à Lyon parce qu'il n'y a personne mais à Paris... Je vous laisse imaginer l'horreur. Je commence à faire la queue quand une fille d'Air France me dit que je suis dans la file des vols qui vont sur les Etats-Unis. Elle m'oriente vers la bonne file et elle me dit que dans mon cas vu que j'ai une autre connexion je n'ai pas besoin d'imprimer les trucs moi-même. Enregistrement sans problème, mais heureusement que je suis arrivée très très en avance -je n'arrivais plus à dormir à l'hôtel Ibis, trop peur de rater mon vol- car ça va me prendre presque 2 heures pour arriver à la porte d'embarquement !

Vol Paris-Gangzhou

Le vol Paris-Gangzhou devait être opéré par Air France, surprise, il est en fait opéré par China Southern, donc à nouveau équipage chinois qui ne parle pas d'autre langue que le chinois et pas d'écran dès ce premier vol de 12 heures ! Re-nouilles chinoises et cette fois pas de petit déjeuner parce qu'ils ont oublié de le sortir à temps avant que l'avion attérisse. 

Aéroport de Gangzhou - 2

Là je savais que j'avais 14 heures à attendre à l'aéroport et vu le binz partout je n'ai pas eu le courage de sortir pour aller explorer la ville : je me suis dit que les petits chinois risquaient de ne pas me laisser re-rentrer à l'aéroport. Je suis épuisée, je m'allonge en essayant d'éviter les accoudoirs des sièges, il fait chaud et humide dans cet aéroport sans clim et je dors par tranches de 20 minutes pendant presque 8 heures. Belle perf ! Je commence à avoir faim, et c'est le terminal où il n'y a absolument rien : pas de boutiques, rien à manger à part des nouilles, impossible de faire marcher internet, toilettes dégueulasses... Le temps se détériore à l'extérieur et c'est soudain la tempête. L'heure du vol approche mais on annonce que tous les vols sont retardés pour cause de mauvais temps. D'abord 1h, puis 2 heures puis tous les avions ont tellement de retard que le mien doit attendre encore 2 heures avant de trouver un créneau pour décoller. Les panneaux d'affichage n'affichent pas tous le même chose, la porte d'embarquement a changé, l'heure aussi mais plus personne ne sait ce qui est vrai ou pas. Le guichet d'information est assailli mais ils ne comprennent pas les questions et ne peuvent donc pas répondre...

Enfin c'est minuit, je suis là depuis 6h00 du matin et l'embarquement est enfin annoncé. Et là c'est probablement la plus petite salle d'embarquement que j'ai jamais vue, il faut sauter dans un bus à nouveau sous la pluie. J'ai de la chance j'arrive à prendre le premier qui s'arrête au bon avion. Je m'installe à mon siège, regarde par le hublot et voit arriver le deuxième bus qui décharge tous les passagers au mauvais avion. Les gens regardent perplexes cet avion qui n'a pas de passerelle et dans lequel il est impossible de monter avant de se diriger à pied au milieu des véhicules de service vers le bon ! Incroyable !

Vol Gangzhou - Brisbane

L'avion a donc beaucoup de retard et arrive sur Brisbane à l'heure de pointe donc impossible de se poser. On passe encore une heure à faire des petites boucles au-dessus de la ville et de la mer. Enfin on se pose et ceci conclut le plus long voyage que j'ai jamais fait : je suis partie lundi en fin d'après-midi de Grenoble et je suis arrivée à Brisbane le jeudi soir !!!! Presque une semaine pour rentrer, je suppose qu'être résidente permanente ça se mérite... J'ai presque l'impression de l'avoir fait en bateau !

 

Conclusion générale

Certes les chinois jouent un rôle de plus en plus important dans tous les domaines et le tourisme & l'aviation n'y échappent pas. Ceci dit on ne peut pas dire qu'ils soient tout à fait prêts en terme de qualité de service et d'organisation et c'est assez surprenant qu'une compagnie comme China Southern soit associée à Air France et fasse partie de la même alliance. Je suppose qu'Air France a rapidement vu une ouverture dans le marché et la possibilité d'avoir tout d'un coup des millions de chinois suffisamment aisés pour voyager !

Les $400 économisés ne valent rien au vu du temps perdu et de l'expérience générale ! China Southern = vivement déconseillée ! 

 

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