Quand j'ai passé le permis moto en Australie, je ne me suis pas posé la question de savoir ce qu'il deviendrait si un jour je rentrais, je voulais juste pouvoir circuler à moto sur place. Je m'étais dit que je verrais bien. Et je sentais bien que trouver l'info et faire les démarches serait compliqué. 

Passer le permis moto en Australie

Je ne ré-explique pas ici comment passer le permis moto australien, je l'ai déjà fait dans deux posts mais je recommande d'aller directement à la source, c'est-à-dire le département des transports de chaque état. L'Australie est un pays fédéral et les modalités varient légèrement suivant les états. Le mieux est de faire une recherche Google qui vous conduira aux bonnes pages sous : Department of Transport + nom de l'état + licence

L'échange du permis moto australien en permis français

Et bien, pas de surprise, c'est comme tout le reste en terme de démarches administratives : compliqué, absurde par certains aspects et il y a un côté un peu aléatoire pas très rassurant.
Je ne donnerai pas ici le détail étape par étape, car c'est long (et chiant) mais les grandes lignes et la règle générale à suivre pour tous ceux qui sont intéressés.

Les grandes lignes de l'échange

1. Echange 
Première surprise il s'agit d'un échange et non d'une simple conversion, c'est à dire qu'il faut donner son permis australien en préfecture et c'est terminé vous ne le reverrez plus. Or le permis en Australie est la seule pièce d'identité (il n'y a pas de CNI comme en France) et dans mon cas j'ai dit adieu à la fois à ma pièce d'identité australienne et à mon droit de conduire en Australie, car plus de permis local. Ayant la double nationalité, je trouve ça complètement anormal.
Mais ça ne sert à rien d'argumenter, vous acceptez le système ou c'est foutu.

2. 1 an pour faire les démarches
Après le retour en France, vous n'avez droit qu'à un an pour faire l'échange. Gardez vos billets d'avion (la version électronique) car on vous demandera de prouver la date à laquelle vous êtes rentré en France. Coup de chance j'avais encore l'email et le boarding pass dans ma boite mail.

3. Un tableau des documents nécessaires clair
Quand j'ai commencé à faire les démarches, il y avait 2 documents en ligne sur le site de la préfecture, un Word et un PDF, avec des listes de papiers différents à fournir... Je m'arrachais les cheveux. Heureusement, un tableau clair est apparu avec les éléments à fournir en fonction des situations personnelles. Je me suis crue en Australie : on me dit de faire ça, je le fais bien proprement et c'est bon. Et bah non ! La liste exige un certain nombre de documents et le jour où vous amenez le tout, tout bien organisé, on vous en rend la moitié, dans le désordre en vous disant 'on n'a pas besoin de ça'. Et je serais incapable de dire ce qu'on m'a rendu et pourquoi.
Rectification : le tableau clair a disparu !! C'est reparti pour des bouts de documents PDF.

4. Traduction, aïe !
Il faut faire traduire ses documents d'anglais au français par un traducteur officiel. Le permis australien varie selon les états mais tous sont sur un format de carte et les infos comme la nature du permis (voiture, moto, autre) ainsi que la condition de vue sont identifiés par des lettres qui renvoient à d'autres documents : par exemple, c'est marqué 'R' 'O' et 'S' sur la carte et l'explication de ces codes est donnée dans une lettre séparée. Du coup non content de faire traduire le permis en lui même, il faut faire traduire les courriers qui accompagnent et d'autres documents. 
Et là j'ai découvert qu'il était temps que je change de carrière pour devenir traductrice ! 70 euros pour traduire juste la carte !! Il y a juste ma taille, les codes et le numéro de permis avec l'adresse au verso ! Pas possible par contre d'échapper à ces traductions.

5. Les documents qui tuent
Sans rentrer dans le détail, il y a deux documents qui sont compliqués voire impossible à obtenir :
- un justificatif sur la fin du séjour sur place comme 'un certificat de radiation du consulat français'. Bon... Je me demande bien qui a eu cette idée brillantissime : il n'y a aucune obligation à s'inscrire sur la liste des français à l'étranger du consulat et je n'ai d'ailleurs jamais été inscrite. Donc je peux contacter le consulat tout ce que je veux, ils ne me connaissent pas. Exiger un document non-obligatoire comme pièce justificative pour ce dossier d'échange de permis me semble problématique et encore une fois anormal.
- une attestation de l'autorité des transports de l'état australien qui vous concerne confirmant vos droits à conduire, les retraits de points éventuels, etc. Je me suis bien creusée la tête sur cette partie là, car il est évident que le Department of Transport ne va pas écrire de sa plus belle plume une petite lettre pour la préfecture française. Heureusement, pour le Queensland, toutes les infos sont accessibles en ligne de manière assez propre et synthétique avec la date (à faire traduire bien sûr).

6. Tout remettre en préfecture et allumer un cierge
Ensuite vous amenez toute la pile à la préfecture lors d'un rendez-vous, et si vous avez de la chance on vous dira comme on m'a dit :
'Je ne crois pas qu'on puisse échanger un permis australien pour un permis français'.
Ah ben je crois au contraire qu'on peut, c'est même le premier pays listé dans la liste alphabétique des pays possibles. A : Australie !
'Bon, bon, gardez ça, gardez ça, gardez ça, moi je prends ça et je mets tout sur le bureau de mon directeur'. Hmmm... Oula... Et le ménage il est fait quand ? Parce que là je sens que ça va tout atterrir à la poubelle. 

Conclusion : C'est bon et... promis j'arrête de critiquer les administrations
4 mois plus tard, et quelques péripéties de parcours plus tard, ça y est j'ai mon permis en poche - je devais avoir une bonne tête ! 
Alors juste pour préciser, je n'ai jamais passé le permis moto complet en Australie, je suis restée sur un 'RE learner licence' qui me convenait car ça me permettait de conduire des motos sympas sans faire trop de folies. Du coup, en France, j'ai eu droit à un permis A2 je crois. J'espère après tout ce cirque que ça va quand même me permettre de conduire autre chose qu'un scoot de 50cm3...
Enfin et j'aurais sans doute du en faire LA résolution de la nouvelle année : je vais essayer de ne plus faire de commentaires désobligeants sur les administrations... Pourtant j'y vais toujours en ayant oublié l'expérience précédente et en étant prête à être agréablement surprise, mais j'y peux rien si à chaque fois je me retrouve dans un véritable sketch !

A garder en tête

Le permis moto en Australie se passe par étape et ce quelque soit l'âge, c'est à dire qu'il y a dans tous les états une phase 'd'apprentissage' d'au moins un an après avoir fait les cours. Ca s'appelle le 'Learner Licence' ou 'Probationary Licence', ce n'est pas un permis moto complet et ça ne donne accès qu'à un certain nombre de motos sur une liste la 'LAMS list'. C'est ce que j'ai et c'est ce qui semble correspondre au permis A2 français.

L'échange de permis moto australien pour un français semble possible - je viens de le faire - mais ce n'est pas facile notamment au niveau des documents à fournir et il y a un côté un peu aléatoire à la tête du client qui n'est pas très rassurant. Attention de bien vérifier les papiers dont vous aurez besoin avant de partir d'Australie !
Si vous êtes sur un 'Learner Licence' en Australie, vous pourrez l'échanger pour un permis A2 français. Si vous avez atteint le 'Open Licence' vous pourrez demander le permis moto complet.

Je pense qu'il ne faut pas passer le permis moto en Australie en se disant que ça va être plus simple et moins cher et qu'hop en rentrant c'est tout bon. Je pense que ça vaut le coup de le passer en se disant que c'est pour en profiter sur place. Si vous arrivez à le convertir en rentrant c'est bonus ! Dans tous les cas vous en aurez bien profité et vous aurez appris à conduire une moto.
Pour les gens en Working Holiday Visa notamment, gardez bien en tête que vous n'obtiendrez pas le permis moto australien complet dans le temps du visa, à voir donc...

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