Le retour

Après plusieurs mois sans donner de nouvelles, je vous révèle enfin le pourquoi du comment : j'ai pris la folle décision de rentrer en France.
Le processus a été long et compliqué, car pas facile en effet de tourner la page sur presque 8 ans en Australie comme ça. Il y a eu des semaines voire même des mois de tergiversation, entre le 'je pars mais que vais-je trouver' et le 'je reste mais que vais-je construire', à dresser des listes de points positifs et négatifs pour les deux pays et les deux styles de vie. Après avoir presque sauté le pas une première fois, j'ai tout mis en stand-by et je suis restée. Puis finalement un soir ça m'a pris et je me suis dit qu'il fallait agir sur cette petite idée qui me trottait dans la tête : 'aller cette fois je rentre, et on verra bien'.

Partir pour l'Australie n'est pas facile, même si le pays s’étale partout maintenant, dans les guides, sur Internet et sur les réseaux sociaux. Il y a beaucoup de choses à préparer et l’anxiété liée à l'inconnu est souvent bien présente. Mais une fois arrivé sur place, l’expérience fait tout oublier. Ce serait mentir que de dire que tout y est facile pour tout le monde car ça n'est pas le cas, mais ça reste un moment unique pour tous, dans des paysages très différents de ce que l'on connait et souvent avec une façon de vivre elle-aussi aux antipodes de ce que l'on vivait.

Et le retour alors ?
Contre toute attente, il est tout aussi compliqué de rentrer que de partir, voire plus. Je me suis investie complètement en Australie, au point d’écrire un guide sur la vie sur place, et d'y construire un bout de vie. Pour que ça fonctionne il faut savoir à un moment laisser la France un peu de coté pour découvrir ce que le pays d'accueil a à offrir. Mais le jour ou il faut retrouver ce lien que l'on a un peu délaissé et bien on s’aperçoit qu'on a oublié certains aspects de "son" pays avec le temps et qu'on n'est pas au fait de ce qu'il s'y passe au moment T. On ne sait plus comment les choses et les gens fonctionnent réellement, on n'a qu'une idée assez vague de la situation économique parce qu'elle ne nous concernait pas vraiment quand on était loin, et on a oublié certaines problématiques locales qui n'existent pas ailleurs.
Tout ça on se le prend en pleine figure, pas pendant la préparation au départ de l'Australie parce qu'on est pris dans les bagages, les ventes, les formalités, etc., mais une fois arrivée en France, dans "son" pays.

​Je dis dans "son" pays avec des guillemets parce que je me suis aperçue que j'avais développé un vrai lien avec l'Australie au fil du temps, le pays, son fonctionnement, mais aussi les gens et que j'y ai fait la quasi-totalité de mon parcours professionnel. Du coup même si mon pays c'est la France, la prise de nationalité australienne et les liens tissés sur place ont brouillé un peu les cartes. Mais j'ai quand même pris la décision de rentrer avant de me transformer en ces vieux immigrés français, italiens ou grecs qui portent en eux cette nostalgie du pays natal -qui n'a aujourd'hui, 30 ou 40 ans plus tard, plus rien à voir avec le pays quitté- et le sentiment de ne jamais complètement appartenir au pays d'accueil et qui passent leur temps à chanter les louanges de l'un et à critiquer l'autre ! Insupportable !

J'ai décidé d’écrire quelques posts sur la préparation du retour, les premières semaines en France au cours desquelles l'administration m'a rappelé que je n'existais plus, le logement d'Airbnb en Airbnb parce que je n'ai "pas les preuves nécessaires" pour louer autre chose, et la vie professionnelle un peu "différente" de ce que j'ai connu ces 8 dernières années !

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