5 jours dans le bush - partie 1

J'ai passé la semaine dernière dans le bush avec un entrepreneur, que je connais depuis plusieurs années et avec qui j'ai fait quelques projets d’école, à explorer les possibilités de projets dans les coins un peu plus reculés. Je suis partie de Brisbane et je l'ai retrouvé à Toowoomba avant de partir pour Surat/ Roma à 400km de là.

Finalement quand on regarde la carte du Queensland, ce n'est qu'une toute petite incursion dans le monde l'Outback mais on a déjà l'impression d’être au milieu de nulle part et dans la fournaise.

5 jours dans le bush - partie 1
5 jours dans le bush - partie 1

Moi qui me plaignais qu'il faisait chaud et que tout était sec à Brisbane, finalement il fait frais en comparaison ! Les contrastes de températures sont impressionnants et le pivot est vraiment au niveau de Toowoomba qui est située sur la crête de la chaîne de montagnes 'The Great Dividing Range', à 700m d'altitude. A Toowoomba même il fait frais, mais 20 km à l’intérieur on commence à sentir la température monter et il n'y a plus du tout d’humidité dans l'air.

On s’arrête pour un petit pic-nic au bord de la route et là je m’aperçois que Don est bien équipé : il sort les chaises de camping, le petit brûleur à gaz, la poêle, les saucisses, les œufs et le pain et c'est parti pour un petit burger à l’arrière du pick-up ('ute' en Australie).

Sur la route et dans le bush, on voit plus souvent des kangourous morts que vivants comme c'est le cas ici -coin droit de la photo ci-dessous- ou il y en a un sur la route qu'on aurait presque pu mettre dans la poêle.

5 jours dans le bush - partie 1

Le mystère des kangourous
La scène :
-Il y a une seule et unique route, toute droite sur des milliers de km2 de terre.
-Autour de cette route, il n'y a rien : juste de la végétation rase et un ou deux arbres.
-Sur cette route, on ne croise qu'un véhicule par heure voire même toutes les 2 heures.
-> Il y a donc une visibilité parfaite et aucun trafic.
Le mystère :
Je ne comprends pas comment et pourquoi les kangourous décident systématiquement de traverser la route en sautant pile quand il y a un camion qui arrive... Si on calcule la probabilité de collision, on devrait avoir quelque chose d’extrêmement faible. Et bien non !
Et on est passé à 3 cm d'en heurter deux nous-mêmes : juste au moment ou Don me dit 'C'est l'heure ou les kangourous sortent' et je rigole en haussant les épaules, il y en a deux qui font un bond au milieu de la route. Don freine d'un coup, le deuxième kangourou hésite pendant une demie-seconde -il doit se dire d'un coup 'flûte il y a un truc qui arrive, qu'est-ce que je fais ?'- et au lieu de faire un grand saut et de nous éviter, ralentit pour finalement sauter devant le pare-choc.... C'est passé très près.

5 jours dans le bush - partie 1
5 jours dans le bush - partie 1
5 jours dans le bush - partie 1

Une très grande partie du Queensland est déclarée en sécheresse. Les grandes exploitations de bétail (cattle stations) rencontrent de très gros problèmes car il n'y a plus rien à manger sur les terres pour leurs bêtes.

Quand la situation devient critique, les éleveurs peuvent après avoir reçu l'autorisation de la région faire praire leurs troupeaux dans les bandes d'herbe le long de la route, au-delà des limites de leurs exploitations.
J'avais déjà vu ça avant et je m’étais demandée pourquoi il y avait des troupeaux sur la route, coincés finalement entre deux séries de barrières. C'est qu'en fait il n'y a plus de choix !

5 jours dans le bush - partie 1

Ce n'est pas la première fois que je vais dans ces coins là mais j'avais oublié un détail : ce n'est pas parce que le nom d'un bled est sur la carte qu'il s'agit d'une ville ou d'un village... ni même d'un hameau ! Tous les coins que l'on passe : Cecil Plains, Moonie, Glenmorgen, Hannaford... n'ont bien souvent qu'une station service et une poignée de maisons. Si c'est un peu plus conséquent il y a aussi un pub et une école et une ou deux rues de maisons à l’arrière de la route principale.
Nous arrivons finalement à Surat et comment dire... il fait chaud ! J'ai acheté une chemise manches longues avant de partir, mais elle est finalement trop légère -et trop 'tendance' pour le bush- et je brûle à travers. On est passé de 30 à Brisbane à 37 et apparemment c'est une semaine fraiche car il faisait 48 la semaine d'avant...

5 jours dans le bush - partie 1

Don a réservé une des petites cabines mais finalement on n'y est que pour dormir et on passe le temps, moi à rencontrer les gens et à les retrouver au pub qui est le point central ou tout se passe finalement, et lui à organiser ses projets en cours.

5 jours dans le bush - partie 1
5 jours dans le bush - partie 1

Petite photo marrante : chapeau de cowboy et Ipad...
Il n'y a pas d'internet ou même de réception téléphonique disponible mais l'Ipad sert à pleins de choses pour Don : il prend des notes directement pour tous les projets et notamment les coordonnées des gens. Mais il s'est aussi installé quelques apps intéressantes pour le boulot. Par exemple ce jour-la, au lieu de faire des croquis des bâtiments existants, il prenait le tout en photo et rentrait en 2 petits clics les dimensions correspondantes de chaque mur et pan de toit directement sur les photos. Vu la localisation des projets, il lui est impossible de revenir rapidement s'il lui manque quelque chose du coup cette nouvelle manière de faire l'aide énormément.Quand il a Internet il peut aussi passer des commandes à tout moment ou envoyer des factures.

7h00 du matin... Et on dirait qu'il est midi

7h00 du matin... Et on dirait qu'il est midi

L'Outback est un monde à part avec son propre rythme. C'est à la fois très chouette et très dur.
Ça change un peu les choses d’expérimenter ces coins-là pas seulement en étant une touriste de passage mais en prenant le temps de rencontrer les gens. Ils sont à l'image du paysage : durs mais justes et tous ont des histoires fabuleuses qu'il serait possible de tourner en une série de portraits fascinante.

.

Retour à l'accueil